3 questions à Gilbert Rigot – Comprendre le Quantative easing de la BCE

La BCE a annoncé le 22 janvier qu’elle recourrait au « Quantitative easing » (QE) : elle va acheter des titres de dettes d’Etat, à hauteur de 60 milliards d’euros par mois, entre mars 2015 et septembre 2016. Pourquoi ? Est-ce un générateur de croissance pour la zone euro ?

 

Le Quantitative easing, qu’est-ce que c’est ?

Le QE, ou Quantitative easing, est le fait, pour une banque centrale, d’acheter des actifs (en général des titres) avec de la monnaie qu’elle crée.
C’est donc un outil permettant d’injecter de l’argent dans les circuits de l’économie, avec l’espoir de la faire repartir.

Pourquoi avoir recours à cette stratégie ?

En temps ordinaire, pour relancer l’économie, les Banques Centrales se contentent de prêter un peu plus d’argent que d’habitude aux banques afin de faire baisser les taux d’intérêt.

Or, lorsque les taux sont très bas (proche de zéro), cette stratégie ne fonctionne plus.

Pour une banque centrale, le QE consiste à créer de la monnaie non plus pour financer l’activité de prêt des banques, mais pour acheter directement des titres sur le marché, en général, des obligations d’Etat c’est à dire des titres qui représentent une créance sur tel ou tel Etat et qui s’échangent sur le marché, de main en main, parfois depuis longtemps.

Quel impact attendu sur l’économie ?

En rachetant ces obligations d’Etat, la BCE espère que leur rendement va baisser et, de ce fait, que les épargnants se détourneront de ces titres pour s’orienter vers des actifs plus risqués (start-up et PME, par exemple).

Autre avantage : la baisse des rendements obligataires, par effet de contagion, entraîne une baisse des taux des prêts bancaires accordés. Là encore, c’est une bonne chose pour notre économie.

Inconvénient de cette solution : c’est le risque inflationniste qui pourrait avoir un effet contraire à celui recherché. Le QE est à ce titre très contesté par de nombreux économistes.

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