Edito – Octobre 2014

Depuis quelques mois, le projet de réforme des professions réglementées inquiète et agite le notariat. Plus habitués au calme de leur étude qu’aux manifestations, les notaires sont pourtant descendus dans la rue, allant même jusqu’à s’offrir une campagne publicitaire avec spots TV pour défendre leurs intérêts. De cette réforme, tout le monde a entendu parler, et chacun y va de son avis sur le bien-fondé dudit texte (qui ne sera officiellement débattu au Parlement qu’au premier trimestre 2015). Il en est d’autres qui non seulement ne suscitent pas de débat, mais n’ont même pas reçu d’écho médiatique au-delà du cercle des professionnels qu’ils concernent.

Prenons au hasard la directive MIF2. Elle prévoit ni plus ni moins de réviser le mode de rémunération des Conseils en Gestion de Patrimoine Indépendants (CGPI) : fin des rétrocessions de commission sur les produits vendus, avènement des honoraires. Ce débat-ci ne porte donc pas sur « plus ou moins de rémunération ? » mais bien sur « quel mode de rémunération ? »… Une réforme de fond s’il en est ! Parmi les CGPI, certains, à l’image des notaires, rejettent en bloc la directive – sans toutefois recevoir la même attention des médias, donc. D’autres au contraire ont choisi de prendre à bras le corps ce changement imposé pour opérer une mutation de fond dans leurs pratiques et passer du statut d’intermédiaire à celui de véritable conseil.

Réforme des professions réglementées ou MIF2, les notaires comme les CGPI devront faire avec les nouveaux textes. Ils peuvent tenter d’en amender le contenu mais n’en changeront pas l’esprit de fond. Dans ces conditions, plutôt que de subir ou à l’inverse de s’acharner dans une bataille perdue d’avance, les professionnels ont tout intérêt à en profiter pour anticiper et remettre en question les pratiques qui semblaient acquises. Une occasion de se rapprocher des clients, en somme. 

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