Point sur les marches financiers – juillet 2018

Le mois de Juin est par essence la période où fleurissent les prévisions sur l’évolution des marchés financiers pour le deuxième semestre et en corollaire les allocations d’actifs susceptibles d’en tirer profit.

Sans vouloir nous dérober, et avant de vous livrer notre vision pour la fin de l’année 2018, revenons sur la première partie de l’année.

 

Le premier semestre a été difficile sur les marchés avec, dans l’ordre :

En début d’année, le regain de volatilité des marchés et la correction généralisée qui a suivi les révélations sur Facebook et l’utilisation des données ont déclenché la baisse. Mars Avril a vu les pays émergents à la peine tant sur les marchés actions que sur l’obligataire, cette zone étant considérée comme vulnérable à la hausse des taux US et un dollar élevé.

Dans le même temps, un rattrapage s’est opéré sur les indices européens et US qui ont rejoint leurs plus hauts, avant que les risques politiques ne reviennent sur le devant de la scène.

Tout d’abord les élections italiennes avec une coalition anti-euro ont engendré un pic de volatilité avec une hausse des taux courts italiens et par contagion espagnols et portugais.

Enfin l’attitude de Donald Trump avec ses revirements sur le sommet avec la Corée du Nord et surtout, son offensive, à coup de tweets, sur les échanges commerciaux avec en point d’orgue un G7 qui vire en G6 +1 ont inquiété les marchés.

En dernier lieu, la tendance s’est alourdie avec les craintes sur le commerce mondial quand l’administration américaine a, de fait, mis en place des droits de douane à l’encontre pêle-mêle de l’Europe, du Canada, du Mexique et surtout de la Chine.

Cette dernière a immédiatement réagi en taxant à son tour les produits américains jetant les prémices d’une  « guerre commerciale » si l’escalade devait continuer.

Et la conjoncture économique dans le même temps ?

En début d’année tout paraissait limpide, une croissance mondiale élevée et coordonnée avec des bénéfices des entreprises en forte progression qui laissaient augurer une hausse des cours. Or il n’en est rien ou presque.

Que s’est-il passé ?

Nous avons assisté en zone Euro à une correction des excès d’euphorie au fur et à mesure des événements précités mais aussi de l’impact négatif d’un euro fort qui a pesé sur les résultats des sociétés exportatrices avec quelques déceptions à la clé sur les chiffres publiés. Quelques enquêtes de confiance moins enthousiastes et des chiffres macro-économiques moins bons ont suffi pour susciter le doute dans l’esprit des investisseurs.

Aux Etats-Unis, c’est l’épée de Damoclès de la hausse des taux et les craintes sur l’efficacité des mesures fiscales appliquées à une économie supposée en fin de cycle qui ont freiné les valorisations, les GAFAMI (Google, Apple, Facebook, Amazone et Microsoft) mis à part.

Les pays émergents, considérés comme handicapés par, nous l’avons dit, la hausse des taux US et un dollar fort ont corrigé avec des sorties de capitaux assez marquées sur les dernières semaines.

Tout cela ne fait pas néanmoins obstacle à des prévisions positives pour la croissance mondiale en 2018.

Même si le rythme ralenti, il demeure au-dessus de sa moyenne 30 ans avec 90 % des pays en croissance. L’OCDE dans sa dernière publication parle d’une croissance saine à 3,8 % au niveau mondial et 2,2 % pour l’Europe.

  • Aux Etats-Unis, la croissance est au rendez vous et semble être en mesure de prolonger le cycle économique. Les prévisions de bénéfices des entreprises sont de 20 % pour 2018. De surcroit, la confiance des consommateurs est là et nous savons que c’est un des piliers de cette économie.
  • En Zone Euro, même si la BCE a ajusté ses prévisions de croissance 2018 à 2,1 % avec une inflation à 1,7 %, elle est résolument optimiste la qualifiant de robuste avec un possible rebond au 2ème semestre.
  • Le Japon est en croissance, certes modeste, mais bénéficie toujours d’une politique accommodante de la banque centrale et le deuxième semestre devrait offrir un rebond des bénéfices.
  • Seule zone en demi-teinte, les émergents qui souffrent nous l’avons dit de sorties de capitaux avec les inquiétudes sur la dette de certains pays, Argentine, Turquie. S’ajoute à cela des investisseurs, les premiers à être revenus sur la zone, qui prennent leurs bénéfices. Il reste cependant des perspectives positives sur la zone Asie émergente et surtout la Chine.

L’impact des banques centrales.

La Réserve Fédérale a, comme attendu, relevé ses taux de 0,25 % et elle a balisé le chemin en annonçant le rythme à venir, à savoir deux hausses avant la fin de l’année. Ce calendrier qui aurait pu faire peur. Elle l’a justifié par sa confiance dans le cycle économique avec une croissance solide, une accélération de la consommation et de l’investissement, un chômage au plus bas et une inflation au niveau attendu.

Le message de la BCE a été rassurant sur la croissance et très clair sur l’évolution des taux d’intérêts.

  • Rassurante sur la croissance en révisant certes le taux pour 2018 à 2,1 % mais en maintenant les prévisions pour 2019 et 2020.
  • Claire en indiquant qu’il n’y aurait pas de hausse des taux avant l’été 2019.
  • Les banques centrales ont fait le job et redonné de la visibilité aux investisseurs.

Nos allocations.

Dans cet environnement, nous ne changeons pas de cap et continuons à préférer les marchés actions et nous nous tenons à l’écart des marchés obligataires sauf quelques gestions spécifiques. De la constance donc mais avec cependant quelques variations au niveau géographique et dans les styles de gestion et des diversifications sur des thématiques porteuses à long terme, gestion de l’eau, digitalisation de l’économie, robotique.

Pour la classe actions, nous privilégions la zone euro.

Le fléchissement des données macro ne sonnent pas la fin de la reprise en Europe mais plutôt un ralentissement de milieu de cycle. La vigueur du dollar contre euro devrait même permettre une reprise des bénéfices sur le deuxième semestre. Il y a là une occasion de rattrapage pour les valorisations. Nous nous orientons cependant par prudence vers des fonds investis sur des valeurs domestiques et peu sensibles à une guerre commerciale ou à une inversion de tendance sur la parité euro-dollar. De même, nous sélectionnons plutôt des fonds recherchant des sociétés à un prix raisonnable voire décotées plutôt que des valeurs de croissance, certes de grande qualité mais aussi chères.

Nous restons toujours à l’écart du Royaume- Uni, les modalités de sortie du Brexit étant toujours aussi incertaines.

Sur le marché américain, le cycle économique semble pouvoir se prolonger et nous conservons notre exposition via des fonds flexibles et actions internationales en faisant confiance aux qualités de sélection des gérants pour dénicher des investissements de qualité.

Sur les marchés émergents, nous conservons les lignes en portefeuille, généralement des fonds globaux et initieront prochainement pour les portefeuilles les plus dynamiques des positions sur la Chine.

Toujours dans le cadre de la diversification et pour les investisseurs les plus appétents au risque, nous créerons ou augmenterons l’exposition au marché japonais pour profiter d’un marché peu cher et en retard en termes de valorisation.

Sur le marché obligataire, notre analyse n’a pas changé. Nous restons exclusivement, hormis pour la trésorerie d’entreprise, sur les fonds d’obligations indexées sur l’inflation et les fonds obligataires internationaux « dynamiques » déjà évoqués en Octobre dernier. Nous sortons des fonds obligations émergentes au profit des précédents, le rendement sur cette classe d’actifs ne semble pas suffisant eu égard au risque encouru.

Nous faisons la même analyse sur les fonds flexibles dont la part non investie en actions est en obligations d’entreprises. Sur cette partie, soit le rendement est très faible soit le risque de perte est non négligeable en cas de stress sur les taux. La majorité de ces fonds flexibles seront arbitrés vers des fonds de performance absolue, dans l’optique d’obtenir une performance similaire à moyen terme avec une volatilité contenue et sans risque de taux.

Nous sommes donc acheteurs des marchés actions, notamment européens avec un possible rattrapage au deuxième semestre, les banques centrales, BCE et Réserve Fédérale, ayant contribué à redonner de la visibilité aux investisseurs. Il faudra cependant surveiller l’évolution des devises et s’assurer que les taux de la zone euro restent bien décorrélés de ceux outre atlantique.

D’autre part, il y aura certainement des soubresauts au gré des événements géopolitiques.

L’Italie, où rien n’est réglé, engendrera encore des pics de volatilité mais ce n’est pas là le principal risque. Le danger vient du risque de « guerre commerciale » avec des mesures de représailles de part et d’autre. Les mesures de protectionnisme effraient les investisseurs et au final desservent les consommateurs qui sont un des moteurs de l’économie mondiale. D’où notre positionnement, investi oui mais avec prudence, diversification et suivi pour une maitrise du risque.

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