Point sur les marchés financiers

En ce début Octobre, quelles sont les perspectives sur les marchés financiers et comment adapter ou construire les portefeuilles pour aller chercher le rendement que n’offre plus les placements traditionnels (livrets, comptes à terme et fonds euro des assurance-vie).

 

 

 

 

 

Les perspectives.

Après un été qui a vu les marchés actions européens rendre une partie de la hausse du premier semestre, le mois de Septembre a connu un fort rebond et les marchés américains ont battu des records.

Rien n’a pu contrarier le moral des investisseurs et pourtant les motifs d’inquiétude n’ont pas manqué. La crise nord-coréenne a connu un nouvel épisode, Angela Merkel a remporté les élections du Bundestag sur un score décevant et la Catalogne a organisé un référendum pour l’indépendance. Même l’annonce, par la Réserve Fédérale, d’une diminution progressive de son bilan mettant fin au « Quantitative Easing » les a laissés de marbre. En fait, les investisseurs se focalisent sur ce qui leur semble le plus important, c’est-à-dire l’amélioration du climat économique mondial et notamment dans la zone euro.

La croissance mondiale est en expansion généralisée comme le montre les indices PMI publiés début Octobre. Ceux-ci révèlent aussi que l’économie européenne en est l’un des moteurs. Un euro fort (1,20 $) ne semble pas y faire obstacle.

Cette parité Euro/dollar, qui faisait craindre pour les exportations européennes, a d’ailleurs quelque peu reflué. En Europe la déception quant aux élections allemandes et la crise catalane ont affaibli l’euro. A l’inverse le dollar s’est repris sur une hausse probable de taux en Décembre et des attentes de baisse d’impôts aux Etats-Unis. Pour ces derniers, la croissance est toujours au rendez- vous si l’on se réfère aux commentaires optimistes de Mme Yellen et à la décision de réduction du bilan de la Réserve Fédérale. Un bémol malgré tout, une déception sur la réforme fiscale de Donald Trump conjuguée à la remontée des taux pourrait entrainer un ralentissement économique ; le crédit à la consommation étant le principal carburant du long cycle économique actuel (depuis 2009). Dernière zone, les pays émergents, où là aussi la croissance est au rendez-vous, avec des bénéfices d’entreprises qui s’améliorent et surtout une économie moins cyclique avec une augmentation de la consommation interne. Attention, cette vision presque idyllique d’une croissance mondiale retrouvée ne doit pas nous faire oublier qu’elle est en partie due au soutien des banques centrales avec le maintien de taux bas.

Or nous sommes à un changement de cap, la Réserve Fédérale, nous l’avons déjà dit, va réduire son bilan et la BCE devrait acter d’ici la fin de l’année une diminution de ces rachats d’actifs sur les marchés dès 2018.

La sortie du Quantitative Easing se faisant en période d’accélération de l’économie et de reprise de l’inflation, le risque devrait, sauf remontée de taux trop rapide, épargner les actions et impacter seulement l’obligataire. Après 35 ans de baisse des taux, les marchés obligataires dans un contexte d’amélioration de l’économie et de reprise de l’inflation vont devoir composer avec des hausses de taux. D’abord aux Etats-Unis puis en zone Euro dès que la BCE réduira ses achats d’actifs.

Les allocations dans les portefeuilles.

Dans le contexte actuel, nous privilégions les actions qui devraient engendrer de la performance et sommes peu enclins à investir sur l’obligataire où le risque pris ne nous semble pas suffisamment rémunéré sauf à quelques exceptions sur lesquels nous reviendrons.

Sur les actions, nous privilégions essentiellement la zone euro et les pays émergents.

En Zone euro car c’est là qu’actuellement il y le plus de gain à aller chercher. Les entreprises européennes profitent de la bonne tenue de l’économie mondiale. Leurs valorisations, même si elles ne sont pas bon marché, ne sont pas hors de prix. Elles ont surtout une capacité d’amélioration de leurs marges qui n’ont pas rebondi, contrairement à celles des entreprises US qui sont au plus haut. Nous restons globalement à l’écart du Royaume-Uni car les effets dus à l’incertitude du Brexit vont continuer à se faire sentir.

Les actions des marchés émergents sont attractives car cette zone est en sous-performance depuis longtemps et le rattrapage ne pourrait faire que commencer avec des sociétés décotées par rapport à celles des pays développés. De plus, investir sur cette zone offre une décorrélation intéressante vis-à-vis des actions européennes pour diminuer le risque dans les portefeuilles. Notre exposition sur les Etats-Unis est faible et uniquement au travers de fonds flexibles internationaux et actions internationales de stock-picking dans lesquels les gérants peuvent avoir déceler des opportunités d’investissement sur le marché US.

Sur le marché obligataire, hormis au travers de fonds flexibles sur lesquels nous reviendrons, nous sommes confiants sur les obligations indexées sur l’inflation et des fonds obligataires internationaux « dynamiques » tirant profit des variations de taux et des devises. Les fonds d’obligations indexées sur l’inflation sur lesquels nous étions entrés un peu trop vite devraient retrouver un environnement porteur dans un proche avenir. Les fonds obligataires « dynamiques » sont, pour nous, avec les fonds d’obligations émergentes en devises locales, les deux seules catégories obligataires qui peuvent rémunérer correctement le risque pris mais au prix de la volatilité notamment avec le risque devise.

Les portefeuilles sont aussi exposés au marché obligataire via les fonds flexibles qui sont des fonds comportant à la fois des actions et des obligations. Selon les anticipations des gérants, sur l’évolution des marchés actions, la part du fonds investie en actions est plus ou moins importante et le solde en en obligations d’entreprise.Ces obligations sont à échéance courtes (2 à 4 ans) et ne présentent que peu de risque face à la remontée des taux et offrent un bon complément de rendement.

Nous avons dans les portefeuilles, en plus des fonds actions purs, une forte proportion de fonds flexibles.

Les premiers sont là pour aller chercher la performance. Il s’agit essentiellement de fonds de gestion active. En effet dans ce contexte de marchés actions ni surévalués ni bons marchés, de fin ou de diminution des mesures de « Quantitative Easing » toutes les valeurs ne monteront pas de façon uniforme. Cela pourrait mettre à mal la gestion indicielle et s’avérer favorable à la gestion active, le « stock picking » qui devrait profiter des distorsions de valorisation.

Les seconds nous permettent d’avoir une agilité et une réactivité pour piloter l’exposition aux marchés actions et la prise de risque dans les portefeuilles. Le but étant d’aller chercher de la performance sur les marchés actions mais avec une prise de risque contenue et pilotée.

Vous l’avez compris, nous sommes confiants sur le potentiel des marchés actions pour les prochains mois mais cela n’exclut pas la vigilance car il y aura des périodes de volatilité (Brexit, Catalogne, crise coréenne, hausse des taux).

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